Activités

Le programme Modernité et totalitarisme

La question totalitaire n’est pas close. L’ère des tyrannies révolutionnaires en Europe s’est refermée à la fin du XXe siècle, mais les questions qu’elle pose ne sont pas épuisées. Le programme « Modernité et totalitarisme » se propose de les traiter systématiquement à travers des recherches variées dont la marque commune est un travail interdisciplinaire associant la philosophie politique et les sciences humaines, et en premier lieu l’histoire et s’attache à constituer progressivement un réseau de recherche permanent. Les travaux contribuent au renouvellement de la théorie « classique » du totalitarisme (Friedrich, Arendt, Aron). En effet, le concept de totalitarisme, forgé dès les années 1920, est toujours au travail dans l’historiographie contemporaine, tandis que la théorie politique s’interroge sur la pertinence de son extension à d’autres formes extrêmes de violence politique, mais aussi sur l’énigme des formes politiques dites, faute de mieux, « post totalitaires » (Russie, Chine notamment).

L’empreinte du totalitarisme sur le monde contemporain est à étudier à partir des conséquences de la Seconde guerre mondiale mais aussi des phénomènes de plus longue durée, depuis 1945 : guerre froide, totalitarisme de basse intensité, régimes idéologiques hors d’Europe, etc.

Le programme met un accent particulier sur la recherche comparative, sur le droit et les normes dans les sociétés totalitaires, et sur l’anthropologie du totalitarisme. Initié en 2009, le programme Modernité et totalitarisme a donné lieu à des séminaires, à trois journées d’étude et à la publication d’un premier ouvrage. D’autres sont en préparation. En 2012 aura lieu une journée d’étude sur le droit dans les sociétés totalitaires. Les travaux sont menés avec la collaboration de chercheurs français et étrangers et, de façon privilégiée, avec l’Institut d’Histoire du Temps Présent (CNRS) et l’université de Strasbourg (Institut Carré de Malberg).