Gaëlle DEMELEMESTRE, Les deux souverainetés et leur destin, Le tournant Bodin — Althusius

  • Éditeur : Les Éditions du cerf
  • Collection : La Nuit surveillée
  • Date de parution : août 2011
  • Relié : 286 pages
  • ISBN : 978-2-204-09517-4
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L’ouvrage

Il n’est pas usuel de parler de deux types de souveraineté. La souveraineté n’est-elle pas la forme normative moderne du pouvoir politique, comme le signale l’utilisation récurrente de l’expression : « État souverain » ? Et pourtant, quand Jean Bodin, juriste français du XVIe siècle, a inventé ce concept sans se douter de la fécondité qu’en révélera la modernité, un autre penseur nettement moins connu, Johannes Althusius, de nationalité allemande, confronté à une conjoncture historique bien différente, a repris la souveraineté bodinienne pour la reconnaître au « peuple organisé ». À la souveraineté comprise comme force matérielle instituée à partir d’un axe hiérarchique et centralisé, il a opposé la représentation d’une souveraineté comme puissance relationnelle, de forme coopérative et fédéraliste. Deux conceptions du pouvoir, du droit et de la société, venaient de s’ouvrir, dont la modernité n’allait retenir que la première version.

Le présent essai montre comment la théorie d’Althusius questionne la prégnance de ce modèle, en instaurant une distance critique par rapport à certaines de nos croyances ou certitudes au sujet de la nature et de la finalité de l’institution politique moderne.

Table des matières

Introduction

Première partie. — La conceptualisation bodinienne du pouvoir politique comme expression de la souveraineté
L’unité de la République assurée par l’unicité de la compétence souveraine
L’infléchissement volontariste de l’action politique : Bodin et sa postérité

Deuxième partie. — La théorie althusienne de la souveraineté comme unité d’action organisée
La forme politique du Saint Empire romain germanique
La « communicatio » base de toute relation socio-politique
La juste répartition des fonctions et des droits dans l’association universelle

Conclusion générale